Un clavier. 26 lettres. Un cendrier. 20 cigarettes.
"Et c'est reparti" pensai-je à nouveau. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir encore écrire comme connerie ce soir?
Je tire encore une fois sur ma cigarette, mais rien ne me vient. Pas d'idée. Aucune imagination. Inspiration: 0.
Période de vie minable. Rien à raconter, rien à éprouver.
Il est presque 3h du matin, et je n'ai absolument pas envie de dormir.
Je traine sur mon lit, l'ordinateur allumé, le cendrier remplit. Ma chambre ne ressemble plus à rien, juste à un aquarium de fumée où quelqu'un aurait certainement peut-être un peu trop fumé.
Et je réalise que c'est peut-être vers 3h du matin qu'on se rend compte qu'on ne sert peut-être à rien dans cette foutue existence.
Et il y a toujours trop de "peut-être", trop d'hésitations & d'hypothèses.
Car oui, maintenant plus personne n'affirme de personnalité dans cette putain de société minable.
Ce n'est plus que des "peut-être" et des "je crois" ou encore des "je ne suis pas sur" que l'on peut entendre dans la bouche des gens.
Car oui, maintenant plus personne n'ose dire ce qu'il pense vraiment.
Il faut aujourd'hui rentrer dans un putain de moule, à défaut d'être exclu.
Il faut faire semblant de tout en permanence.
Faire semblant d'apprécier telle ou telle personne à risque de ne pas être apprécié vous même.
Et moi je n'en peux plus de faire semblant sans arrêt dans cette société de merde.
Je sature.
Bonsoir.



